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Paiement

Sécuriser un paiement entre professionnels du bâtiment

L'impayé fait partie du métier, et je ne connais personne qui y ait complètement échappé. Ce que j'ai retenu : on ne le supprime pas, on le réduit beaucoup avec quelques habitudes qui ne coûtent rien.

Karim Sahraoui3 min de lecture

L'impayé n'est pas un accident rare dans le bâtiment. C'est un risque structurel, lié à des chantiers longs, des chaînes de sous-traitance et des trésoreries tendues.

Je n'ai pas trouvé de moyen de le supprimer. J'en ai trouvé plusieurs de le rendre beaucoup moins fréquent.

Facturer par étapes, pas à la fin

C'est la mesure la plus efficace que je connaisse, et la plus simple à mettre en place.

Un chantier de six semaines facturé intégralement à la fin, c'est six semaines d'exposition. Le même découpé en trois échéances, c'est deux semaines au maximum.

J'adosse les échéances à des étapes constatables — fin de dépose, fin de gros œuvre, réception — plutôt qu'à des dates. Une étape se constate ; une date se discute.

L'acompte n'est pas une marque de défiance

Un acompte à la commande couvre l'achat des matériaux et engage le client. C'est parfaitement usuel, y compris entre professionnels, et j'ai mis longtemps à oser le demander systématiquement.

La formulation suffit : « L'acompte couvre l'approvisionnement, il est déduit de la facture finale. » Peu de clients sérieux le contestent. Ceux qui le contestent m'ont appris quelque chose sur la suite.

Vérifier avec qui on traite

Avant un chantier significatif, dix minutes suffisent pour confirmer que l'entreprise existe et est active, que l'interlocuteur a le pouvoir d'engager la société, et depuis combien de temps elle exerce.

Ce n'est pas de la suspicion. C'est exactement la même vérification qu'un client sérieux fera sur moi.

Écrire ce qui est convenu

Un devis accepté par retour d'e-mail vaut mieux qu'un accord téléphonique. Un e-mail de confirmation après un appel — « comme convenu, nous partons sur… » — vaut mieux que rien, et prend trente secondes.

La plupart des litiges que j'ai vus ne portaient pas sur de la mauvaise foi. Ils portaient sur deux souvenirs différents de la même conversation.

Réagir vite sur le premier retard

Un retard traité au bout de huit jours se règle généralement tout seul. Le même retard traité au bout de deux mois est devenu un dossier.

Une relance écrite, courtoise et datée, dès le lendemain de l'échéance. Ça suffit dans la grande majorité des cas — et ça construit la trace dont j'aurai besoin si ça ne suffit pas.

Sur une plateforme, ce qui change

Sur BTP-UP, la commission — 12 % en location, 7 % en vente — est réglée en ligne au moment de la réservation. Le reste se règle directement entre les deux parties.

Deux conséquences qu'il vaut mieux avoir en tête : la plateforme ne détient jamais l'argent destiné à l'autre partie, donc il n'y a pas de séquestre ; et les modalités du règlement direct sont à convenir entre vous. C'est précisément à ça que sert la messagerie, qui en conserve la trace.

Ce qui ne marche pas

Deux réflexes fréquents et contre-productifs, que j'ai vus tourner mal : arrêter le chantier sans mise en demeure préalable, et accepter un « je paie à la fin, comme d'habitude » sans support écrit.

Le premier vous met en tort. Le second vous laisse sans recours.

Ce sont des pratiques, pas un conseil juridique ou comptable adapté à votre situation.


Photo d'illustration : pixelmattic — CC BY 2.0. Image recadrée.

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