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Prix

Ce que coûte vraiment une journée de location (au-delà du prix affiché)

Le tarif affiché ne représente jamais ce que la location me coûte vraiment. Voici les postes que j'additionne avant de dire oui, et pourquoi je compare rarement deux annonces sur leur seul prix à la journée.

Karim Sahraoui3 min de lecture

Une mini-pelle affichée à 180 francs la journée ne m'a jamais coûté 180 francs. Ce n'est pas de la mauvaise foi du loueur : c'est que le prix affiché ne couvre qu'une partie de ce que la location me demande réellement.

Voici ce que j'additionne avant de comparer deux offres.

Le transport, dans les deux sens

C'est le poste que je vois le plus sous-estimé, y compris par des gens expérimentés. Une machine à 25 km, ce sont deux allers-retours de camion : un pour l'amener, un pour la reprendre.

  • Livraison forfaitaire : c'est le plus simple à budgéter, et souvent le plus honnête.
  • Prix au kilomètre : je compte le trajet complet, pas la distance à vol d'oiseau. La différence peut être du simple au double en montagne.
  • Retrait par mes soins : gratuit en apparence. Sauf qu'il faut un véhicule adapté, une remorque homologuée, et deux à trois heures.

Ce dernier point mérite un chiffre, parce qu'on l'oublie toujours. Trois heures de mon temps, ce sont trois heures que je ne facture pas ailleurs. Je les compte.

Le carburant

Une petite pelle consomme quelques litres par heure, davantage si elle travaille dur. Sur une journée pleine, ça se sent sur la facture. Et il faut penser au plein de retour si le contrat l'exige.

Le temps mort

Une location d'une journée n'est jamais une journée de travail effectif. Entre la prise en main, le calage, les déplacements sur le chantier et le nettoyage avant restitution, il part une à deux heures qui ne produisent rien.

Sur trois jours, ce temps mort s'amortit. Sur une seule journée, c'est une part importante du coût réel — et c'est pour ça que je loue rarement pour un seul jour.

La commission

Sur BTP-UP, elle est de 12 % du montant de location, hors transport, réglée en ligne à la réservation. Le reste — la part du loueur et le transport — se règle directement entre nous.

Ce que j'apprécie dans ce fonctionnement, c'est qu'il n'y a qu'un seul montant à anticiper côté plateforme, calculé sur une base claire.

Un exemple que je refais souvent

Reprenons la mini-pelle à 180 francs par jour, trois jours, livrée à 25 km :

  • Location 3 × 180 : 540
  • Livraison forfaitaire : 80
  • Carburant : environ 130
  • Commission 12 % sur 540 : 64.80

On tourne autour de 815 francs, soit à peu près 270 francs par jour effectif — contre 180 affichés. Ce n'est une mauvaise surprise que si on ne l'a pas anticipé.

Louer plus longtemps coûte souvent moins cher par jour

Le transport et la prise en main sont des coûts fixes : ils se répartissent sur la durée. Passer d'un à trois jours ne triple pas la facture. Dans l'exemple ci-dessus, une journée seule reviendrait beaucoup plus cher rapportée au travail réalisé.

Avant de réserver une journée serrée, je me demande toujours si deux jours détendus ne reviennent pas au même — avec un chantier mieux fait et personne qui court.

Comparer honnêtement

Je ne compare jamais deux tarifs journaliers seuls. Je reconstitue pour chacun : location + transport + carburant + mon temps.

Une machine plus chère à cinq kilomètres bat régulièrement une machine bon marché à quarante.


Photo d'illustration : Wolfgang Maslo — CC BY 2.0. Image recadrée.

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